Investissement responsable

Best-in-class : la méthode et ses critiques

Comprendre la méthode best-in-class devient vite essentiel dès qu’un épargnant veut distinguer un fonds responsable d’un simple habillage commercial. La sélection des entreprises ne repose pas sur un slogan, mais sur des critères ESG,…

Best-in-class : la méthode et ses critiques

Comprendre la méthode best-in-class devient vite essentiel dès qu’un épargnant veut distinguer un fonds responsable d’un simple habillage commercial. La sélection des entreprises ne repose pas sur un slogan, mais sur des critères ESG, une évaluation régulière et un vrai travail de benchmarking face à un univers comparable.

La logique paraît simple, pourtant ses effets varient fortement selon les secteurs, le niveau de performance recherché et les exclusions retenues. Selon Novethic, cette approche garde souvent la structure sectorielle du marché, tandis que d’autres méthodes privilégient des filtres plus stricts, ce qui change la lecture des avantages et des limites.

A retenir :

  • Sélection extra-financière par secteur
  • Comparaison des meilleurs profils ESG
  • Diversification souvent mieux préservée
  • Critiques sur le risque de compromis
  • Exclusions utiles pour réduire certains biais

Best-in-class : fonctionnement, logique d’investissement et lecture des critères ESG

Le best-in-class s’inscrit d’abord dans une logique de sélection interne à chaque secteur, ce qui le distingue d’un tri global plus brut. Selon Robeco France, l’idée consiste à retenir les entreprises les mieux placées sur les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance, sans bannir automatiquement tout un pan de l’économie.

Méthode Logique de sélection Place du secteur Effet attendu
Best-in-class Choix des mieux notées par secteur Conservée Diversification plus large
Best-in-universe Choix des mieux notées tous secteurs confondus Moins centrale Recherche des profils les plus vertueux
Best effort Choix selon l’amélioration dans le temps Conservée selon le fonds Valorisation du progrès ESG
Exclusion sectorielle Retrait de secteurs jugés incompatibles Écartée pour certains domaines Réduction de certains risques de réputation

Un gérant peut ainsi comparer les entreprises d’un même univers avec des critères mesurables, puis affiner son jugement grâce à une analyse comparative plus fine. Cette méthode devient utile quand deux groupes proches en activité affichent des trajectoires ESG très différentes, par exemple dans l’industrie, la santé ou la technologie.

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Comment la sélection se fait secteur par secteur

Le passage par secteur évite de confondre des métiers dont les contraintes n’ont rien à voir, ce qui rend la lecture plus honnête. Une banque n’est pas jugée comme un fabricant de logiciels, et un énergéticien ne peut pas être évalué avec les mêmes repères qu’un distributeur alimentaire.

Dans la pratique, le gérant observe plusieurs couches de données, puis hiérarchise les sociétés selon leur performance extra-financière. Selon Goodvest, cette logique aide à construire des portefeuilles plus équilibrés, mais elle peut aussi laisser entrer des groupes controversés si les seuils d’entrée restent trop souples.

À ce stade, le lecteur voit déjà un point crucial : la méthode ne supprime pas les arbitrages, elle les organise. C’est précisément ce qui ouvre le débat sur ses limites et sur les critiques souvent formulées à son sujet.

À retenir sur cette mécanique de sélection :

  • Comparaison intra-secteur des émetteurs
  • Poids important des notations ESG
  • Maintien fréquent d’une exposition diversifiée
  • Possible présence de secteurs sensibles
  • Lecture dépendante des données disponibles

Exemples concrets de portefeuilles et arbitrages

Le fonds Emploi et solidarité illustre une version orientée vers les sociétés créatrices d’activité en France, sans raisonner uniquement par exclusion globale. Une partie de ses investissements cible aussi des PME adaptées aux personnes en situation de handicap, ce qui montre comment la méthode peut servir une mission sociale précise.

À l’inverse, un ETF écoresponsable peut combiner sélection best-in-class et retraits sectoriels ciblés, afin de réduire certains risques jugés incompatibles avec un mandat durable. Cette combinaison améliore la lisibilité du portefeuille, tout en renforçant la cohérence entre la promesse commerciale et l’allocation réelle.

Selon Novethic, ces constructions conservent souvent une forte proximité avec les indices de marché, ce qui rassure les investisseurs attentifs à la diversification. Le sujet se déplace alors naturellement vers les critiques, car c’est là que la méthode montre ses zones de frottement.

Best-in-class : avantages, critiques et limites dans l’investissement responsable

Le passage du fonctionnement aux critiques change l’angle, car une méthode peut être élégante sur le papier et discutée dans la réalité des portefeuilles. Les avantages du best-in-class sont réels, mais ses limites apparaissent dès qu’on regarde la qualité des données, la cohérence des exclusions et la lisibilité du résultat final.

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Selon le Label ISR, cette approche se distingue d’une logique d’exclusion pure, ce qui lui donne un cadre plus souple pour rester investie dans l’économie réelle. Cette souplesse facilite parfois l’accès à des fonds diversifiés, mais elle nourrit aussi les critiques sur la présence possible d’acteurs moins vertueux.

Les avantages recherchés par les gérants et les épargnants

Le premier atout tient à la diversification, car la méthode conserve souvent plusieurs secteurs et limite les trous d’exposition trop importants. Pour un investisseur prudent, cette dimension compte beaucoup, surtout lorsqu’il veut concilier finance responsable et gestion du risque.

Autre point fort, l’approche rend visibles les différences de comportement entre concurrents, ce qui encourage une forme d’émulation. Une entreprise mieux notée que ses rivales peut ainsi devenir un signal positif, surtout quand sa gouvernance progresse et que ses engagements se traduisent en faits observables.

Critère observé Effet pour l’investisseur Lecture pratique
Diversification sectorielle Risque mieux réparti Moins de dépendance à un seul thème
Comparaison entre pairs Sélection plus lisible Repérage des meilleurs élèves du secteur
Souplesse méthodologique Univers d’investissement plus large Accès facilité à plusieurs marchés
Signal ESG Lecture rapide des écarts de pratiques Aide à arbitrer entre deux entreprises proches

Cette logique séduit aussi parce qu’elle reste compréhensible pour le grand public, surtout face à des approches plus techniques. Le sujet devient toutefois plus délicat dès qu’on examine les scénarios où une société encore exposée aux énergies fossiles reste présente dans un fonds dit durable.

Les critiques les plus fréquentes et leurs effets

La critique la plus connue vise le risque d’acheter, sous une étiquette responsable, des entreprises encore éloignées d’un modèle bas carbone. Les gérants peuvent bien avoir fait un tri, la présence d’une industrie controversée dans le portefeuille reste parfois mal perçue par les épargnants.

Une autre difficulté vient de la dépendance aux agences de notation, dont les méthodologies varient et peuvent produire des écarts sensibles. Selon Goodvest, une exclusion sectorielle stricte réduit ce type de surprise, mais elle restreint aussi l’univers disponible, ce qui modifie la diversification.

Un investisseur fictif comme Claire, cadre parisienne, le découvre souvent au moment de comparer deux fonds affichant des labels proches. L’un met l’accent sur la sélection interne, l’autre sur l’exclusion, et le résultat n’a ni le même risque, ni la même exigence de cohérence.

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À retenir sur les critiques :

  • Présence possible d’acteurs controversés
  • Dépendance forte aux notations ESG
  • Exigence de transparence accrue
  • Exclusion stricte comme réponse partielle
  • Arbitrage constant entre cohérence et diversification

Les critiques ne condamnent pas la méthode, mais elles obligent à regarder les règles de sélection avec précision. C’est ce niveau de lecture qui prépare le dernier angle, centré sur les usages concrets et les retours du terrain.

Best-in-class : usages concrets, benchmarking et retours d’expérience

Une fois les critiques comprises, l’enjeu devient très pratique : comment l’épargnant vérifie-t-il ce qu’il achète réellement ? Le meilleur réflexe consiste à confronter le fonds à son benchmarking, à lire les exclusions annoncées et à chercher la cohérence entre discours et portefeuille.

Selon Novethic, certaines stratégies best-in-class gardent une forte ressemblance avec leur indice de référence, ce qui facilite la comparaison mais peut masquer la portée réelle du tri ESG. À l’inverse, quand l’exclusion sectorielle est plus stricte, la composition devient plus lisible, au prix d’un univers plus réduit.

Lire un fonds sans se tromper sur la méthode

Le bon réflexe consiste d’abord à repérer la méthode affichée, puis à vérifier si elle est combinée à d’autres filtres. Un fonds peut se dire best-in-class, tout en ajoutant des exclusions sur le tabac, les armes ou les combustibles fossiles, ce qui change fortement son positionnement.

Une lecture sérieuse s’appuie aussi sur la fréquence de révision des données, car une note ESG figée perd vite de son intérêt. Quand l’évaluation est dynamique, le gérant peut mieux suivre les progrès d’une société, surtout si elle améliore ses pratiques sur l’énergie, la gouvernance ou les conditions de travail.

« J’ai compris que le mot durable ne suffisait pas ; j’ai commencé à regarder les règles de sélection avant de souscrire. »

Marion D.

Ce niveau de vigilance protège mieux contre les ambiguïtés marketing, tout en renforçant la qualité du choix final. La suite logique consiste alors à écouter ceux qui ont déjà investi, car leur retour éclaire des situations très concrètes.

Retours d’expérience et perception des investisseurs

Dans une petite entreprise lyonnaise, un épargnant explique avoir privilégié un fonds sectoriellement diversifié pour éviter un portefeuille trop concentré sur la seule technologie. Son choix a été guidé par la recherche d’une meilleure stabilité, plus que par la promesse d’un rendement immédiat.

Une autre investisseuse raconte avoir accepté une exposition plus large, à condition que les exclusions les plus sensibles soient clairement écrites noir sur blanc. Elle cherchait surtout une cohérence d’ensemble, quitte à renoncer à quelques points de performance potentielle sur le court terme.

« J’ai retenu la méthode best-in-class parce qu’elle me laissait diversifier sans renoncer à mes exigences ESG. »

Thomas L.

« Le vrai sujet, pour moi, a été la transparence des exclusions et la clarté des critères. »

Sophie R.

Ces retours confirment une réalité simple : l’arbitrage ne porte pas seulement sur le rendement, mais sur la manière dont le portefeuille raconte une vision du monde. C’est précisément là que le best-in-class conserve son intérêt, tout en restant soumis à des exigences de preuve.

Source : Novethic, « Vocabulaire de l’ISR : qu’est-ce que l’approche Best-in-class ? », Novethic ; Robeco France, « Best in class », Robeco France ; Goodvest, « Best in class définition », Goodvest.