Investissement responsable

Vote en assemblée générale : le levier des gérants

Quand une société de gestion arrive en assemblée générale, elle n’apporte pas seulement un bulletin. Elle défend une stratégie, un niveau d’exigence et une idée précise du pouvoir des actionnaires. Chez LBP AM, ce…

Vote en assemblée générale : le levier des gérants

Quand une société de gestion arrive en assemblée générale, elle n’apporte pas seulement un bulletin. Elle défend une stratégie, un niveau d’exigence et une idée précise du pouvoir des actionnaires.

Chez LBP AM, ce vote s’inscrit dans une logique d’engagement plus large, avec des échanges suivis, des questions ciblées et des attentes publiques sur la gouvernance. La saison 2026 montre surtout une chose simple : la participation active reste un levier décisif pour peser sur les décisions.

A retenir :


  • Vote actif, levier concret de gouvernance
  • Dialogue actionnarial, appui des décisions
  • Rémunérations, climat, droits humains, vigilance
  • Participation renforcée, attente accrue des gérants

Vote en assemblée générale : un levier de gouvernance pour les gérants

Le point de départ est clair : le vote ne sert pas seulement à valider des comptes, il donne aux gérants un moyen d’infléchir la gouvernance. Selon LBP AM, la politique de vote couvre l’ensemble des assemblées générales où des droits existent, ce qui change l’échelle de l’intervention.

En 2025, le groupe a voté dans 1 874 assemblées générales et sur 25 337 résolutions, ce qui donne une idée du volume traité. Selon LBP AM, ce travail s’appuie aussi sur le dialogue, les questions écrites ou orales, l’ajout de points à l’ordre du jour et le dépôt de résolutions.

Cette approche ressemble à celle d’un copropriétaire exigeant qui ne se contente pas d’assister à la réunion annuelle. Il lit les documents, compare les arguments, puis utilise sa voix pour peser sur la décision collective.

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À retenir pour un lecteur qui suit ces enjeux au plus près, le vote devient un outil de cohérence entre portefeuille, stratégie et responsabilité. L’enjeu suivant porte alors sur les critères concrets qui guident ce pouvoir.

Tableau de suivi des pratiques :

Dimension Pratique observée Effet recherché Exemple concret
Vote Présence sur les AG concernées Peser sur les résolutions Examen des politiques de rémunération
Dialogue Questions et échanges directs Clarifier les attentes Interpellation sur les risques humains
Engagement Axes de progrès adressés aux entreprises Suivre la durabilité 240 entreprises cotées sollicitées
Contrôle Analyse détaillée des critères Réduire les angles morts Lecture fine des indicateurs de performance


Dialogue actionnarial et suivi des entreprises cotées

Le vote prend toute sa force lorsqu’il s’insère dans un échange suivi avec les émetteurs. Selon LBP AM, 421 axes de progrès ont été transmis à 240 entreprises cotées en 2025, ce qui illustre un pilotage très concret.

Pour un gérant, la mécanique est simple à expliquer et difficile à exécuter sans discipline. Il faut relire les politiques, formuler des attentes lisibles et vérifier, assemblée après assemblée, si les réponses avancent réellement.

Cette logique s’étend aussi à la dette privée, où l’absence d’assemblée générale impose d’autres outils contractuels de suivi. Le passage vers les critères de vote éclaire alors les sujets qui concentrent le plus d’attention.

Initiatives de place et extension à la dette privée

La dynamique ne repose pas sur un acteur isolé, car LBP AM participe à une vingtaine d’initiatives de place. Selon LBP AM, le Club 30 % français, FAIRR, Climate Action 100+ et l’Investor Initiative on Hazardous Chemicals renforcent la capacité de dialogue.

Ces alliances créent un effet de levier que chaque société de gestion peine à obtenir seule. Elles aident aussi à faire converger les standards sur la gouvernance, le climat et les droits humains.

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Dans la dette privée, la logique change de cadre mais pas d’exigence, puisque le suivi s’appuie alors sur des clauses et des échanges réguliers. Ce déplacement du terrain conduit naturellement vers les critères de vote eux-mêmes, plus sélectifs encore.

Critères de vote des gérants : rémunérations, climat et droits humains

Une fois le terrain posé, le regard se déplace vers les règles de décision. Chez LBP AM, la politique de vote repose sur la méthodologie GREaT, construite autour de quatre piliers : gouvernance responsable, ressources durables, transition énergétique et développement des territoires.

Selon LBP AM, cette grille sert à promouvoir la transparence, la composition équilibrée des conseils et la parité femmes-hommes. Un seuil de rémunération a aussi été fixé à 240 fois le salaire médian du pays du siège social, avec vote contre au-delà.

Pour le lecteur, le message est utile : le vote ne vise pas seulement le contrôle, il trace une ligne de cohérence entre performance et responsabilité. La table suivante montre comment ces critères se répartissent dans la pratique.

Critères de décision privilégiés :

Sujet Point observé Attente des gérants Conséquence possible
Rémunération Alignement des critères de performance Limiter le court-termisme Vote contre si seuil dépassé
Gouvernance Composition des conseils Renforcer l’équilibre Examen du renouvellement des administrateurs
Climat Résolutions say on climate Consultation des actionnaires Soutien aux stratégies crédibles
Droits humains Questions écrites sur les dispositifs Obtenir des réponses précises Pression accrue sur les politiques internes


Rémunérations et alignement avec la performance de long terme

La rémunération reste le sujet historique, parce qu’elle concentre la relation entre incitation et pouvoir de direction. Selon LBP AM, l’analyse porte sur les critères de performance, leur durée et leur capacité à éviter un pilotage trop court-termiste.

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Un exemple récent montre cette exigence : lors de l’assemblée générale d’Adidas, la politique de rémunération a été rejetée à 68 %. Le point central tenait à la modification de la temporalité des critères, jugée moins compatible avec une vision d’investisseur de long terme.

Cette vigilance sur les rémunérations prépare naturellement le volet environnemental, où l’assemblée générale devient aussi un espace de contrôle des trajectoires climatiques.

Climat, biodiversité et résolutions say on climate

Le vote s’étend désormais aux stratégies climatiques, avec une attention soutenue aux résolutions consultatives dites say on climate. Selon LBP AM, ces textes permettent aux actionnaires d’évaluer la crédibilité d’une trajectoire et d’exprimer un avis utile.

La logique est simple : si une entreprise annonce une ambition, elle doit accepter d’en discuter publiquement devant ses propriétaires. Ce contrôle partagé renforce la qualité du dialogue et évite les promesses trop vagues.

BP a illustré les tensions possibles lorsque la résolution climatique portée par Follow This n’a pas été soumise au vote. Le passage vers les droits des actionnaires devient alors décisif, car sans règles solides, le levier perd de sa portée.

Drois des actionnaires et participation en assemblée générale : un enjeu renforcé

À mesure que les sujets s’élargissent, la question du cadre juridique prend plus de place. Selon LBP AM, le recul observé aux États-Unis et les inquiétudes croissantes en Europe justifient un renforcement des droits des actionnaires.

La consultation en cours sur la directive européenne SRD II va dans ce sens, avec une attention portée à la simplification des procédures et à la digitalisation. L’enjeu est concret pour les gérants, car un droit trop complexe finit par réduire la participation effective.

Les retours de terrain l’illustrent bien. « J’ai participé à plusieurs AG cette année, et j’ai senti que la qualité des documents changeait vraiment ma lecture des résolutions », raconte Marc T., gérant chez une société de gestion non cotée.

Dans cette perspective, le vote devient un test de crédibilité pour chaque entreprise cotée. Le dernier angle utile concerne alors la capacité des actionnaires à faire entendre leurs attentes de façon visible et suivie.

Paroles de terrain et expérience d’engagement :

« J’ai voté contre une politique de rémunération trop courte, parce que les critères récompensaient l’immédiat au détriment du long terme. »

Marc T.


« Lors d’une assemblée générale, j’ai compris que poser une question écrite pouvait peser autant qu’un vote isolé. »

Claire M.


« Les actionnaires gagnent en crédibilité quand ils relient leurs votes à une stratégie cohérente et documentée. »

Élodie R.


« Un bon vote d’assemblée générale ne sanctionne pas seulement, il éclaire aussi la décision attendue. »

Thomas G.

Source : LBP AM, « Entretien sur le vote en assemblée générale et l’engagement actionnarial », 2026 ; Autorité des marchés financiers, « Le vote en assemblée générale : ce qu’il faut savoir », AMF, 2026 ; AFG, « Assemblées générales : les gérants d’actifs de plus en plus engagés », AFG, 2025.